Par David TURC
Dans une élection municipale, il est normal que plusieurs équipes présentent des visions différentes pour l’avenir de notre commune.
La confrontation des idées fait vivre la démocratie et je m’en réjouis.
Mais il existe une responsabilité qui dépasse la simple compétition électorale : celle de dire la vérité aux habitants afin de ne pas altérer la sincérité du scrutin.
À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, je ressens donc le devoir, par honnêteté et par respect pour chacun d’entre vous, de revenir sur certaines promesses et certains projets qui circulent actuellement dans la campagne.
Car un vote doit se faire en connaissance de cause, et non sur la base de promesses irréalistes ou d’informations incomplètes.
Derrière chaque projet, une réalité : le coût
Présenter des projets est facile. Les illustrer dans de beaux documents imprimés, parfois réalisés à l’aide d’images générées par intelligence artificielle, l’est tout autant.
Mais un projet public n’est pas une image.
Chaque équipement communal a un coût :
- coût de construction
- coût d’entretien
- coût de fonctionnement annuel
Et c’est souvent ce dernier qui est le plus important.
Chauffage, entretien, sécurité, personnel, nettoyage…
La facture peut rapidement atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros par an pour certains équipements.
Or, cette dimension essentielle est totalement absente de certains programmes.
La question centrale reste donc entière :
Quel sera l’impact réel sur les finances de la commune et la fiscalité locale ?
C’est la question que chaque Aveyrlinois est en droit de se poser.
Une accumulation de projets difficilement crédibles
Soyons clairs : je serais le premier heureux si notre commune pouvait disposer de tous les équipements proposés.
Mais il faut aussi rester sérieux et responsables.
Comment imaginer financer simultanément :
- une halle commerciale,
- un complexe culturel et sportif,
- ou un EHPAD…
Peut-on raisonnablement croire que tout cela puisse être réalisé au cours d’un seul mandat municipal ?
À ce stade de la campagne, il devient nécessaire de distinguer :
Promettre tout à tout le monde sans jamais évoquer le financement ni les conséquences fiscales : est-ce vraiment sérieux ?
- les projets réalistes et réalisables,
- et ceux qui relèvent davantage d’une liste de promesses.
Des projets sans chiffrage et sans priorités
Deux éléments frappent particulièrement dans certains programmes :
1°) L’absence de chiffrage
Aucune indication claire sur :
- la part du budget communal concernée
- le niveau d’endettement nécessaire
- le montant des subventions attendues
- l’impact sur la fiscalité locale
2°) L’absence de priorisation
Quel projet serait réalisé en premier ?
Lequel est réellement prioritaire ?
Lequel dépend d’aides extérieures ?
Ces questions restent sans réponse.
Des projets sans chiffrage et sans priorité
Une contradiction évidente
Certaines listes promettent à la fois :
- de réduire les factures des habitants,
- et de lancer de nombreux investissements lourds.
Il y a là une contradiction évidente.
Sans augmentation significative de la fiscalité communale, sans subventions exceptionnelles ou sans ressources cachées, ces promesses ne peuvent pas être tenues.
La réalité des délais d’un projet public
Un projet municipal important ne se réalise pas en quelques mois.
Entre :
- les études préalables (jusqu’à 2 ans),
- la recherche de financements et de subventions (jusqu’à 2 ans),
- la réalisation des travaux (souvent 2 ans également),
un seul grand projet peut occuper la totalité d’un mandat municipal.
Il est donc facile d’imaginer la difficulté de mener plusieurs projets d’envergure simultanément.
La grande oubliée de certains programmes : la vie quotidienne
Une autre absence interpelle.
Dans certains programmes, la gestion quotidienne de la commune est presque totalement absente.
Pourtant, chacun le sait :
80 % du travail municipal concerne le quotidien.
- entretien de la voirie
- gestion des écoles
- services municipaux
- vie associative
- propreté et cadre de vie
Ce sont ces sujets concrets qui concernent directement les habitants.
L’oubli d’un acteur essentiel : le Centre socio-culturel Jean Bedet
Un point me surprend particulièrement : l’absence, dans certains programmes, de toute référence au Centre socio-culturel Jean Bedet.
Cette structure joue pourtant un rôle essentiel dans la vie locale :
- accueil périscolaire
- activités jeunesse
- actions sportives et culturelles
- services pour les familles
Des centaines d’Aveyrlinois utilisent ses services, parfois même sans le savoir.
Pérenniser et développer cette structure est indispensable.
L’ignorer dans un programme municipal constitue une omission pour le moins étonnante.
Sur la prétendue “inaction” de la municipalité sortante
Ces critiques prêtent parfois à sourire.
D’autant plus que plusieurs élus sortants figurent eux-mêmes sur ces listes critiques, alors même qu’ils ont participé aux décisions de la mandature précédente.
Quelques exemples de cette présumée « inaction » méritent donc d’être rappelés :
- l’installation de deux médecins sur la commune,
- l’obtention du projet de Pôle Enfance Santé, représentant 11 millions d’euros d’investissements portés par la Communauté de communes,
- des travaux importants dans les écoles,
- la réfection d’une partie significative de la voirie,
- la création du Pass Jeunesse, permettant à de nombreux jeunes aveyrlinois de pratiquer une activité associative,
- le développement du Centre socio-culturel Jean Bedet,
- la préparation de la réouverture de l’église après travaux,
- Plus de 2 millions d’euros de résultats en excédent en 2025 réorienté sur l’investissement (pour accompagner le financement d’un projet structurant comme le gymnase),
- la rénovation du terrain de football de Veyrins,
- la réhabilitation en cours de la maison des associations…
Et cette liste est loin d’être exhaustive.
Parler d’inaction dans ces conditions relève donc au minimum d’une vision très sélective de la réalité.
Faire un choix éclairé
Je fais confiance à votre jugement et à votre sens des responsabilités pour choisir ce qui vous semblera le meilleur pour notre commune.
Mais je crois profondément qu’un vote doit se faire sur des bases sincères, réalistes et transparentes.
Les fausses promesses, les approximations et les attaques infondées n’ont jamais fait progresser une commune.
Ce que nous devons aux Aveyrlinois, c’est la vérité, la responsabilité et le respect de leur confiance.

